Quand j’étais enfant, je me posais trop de questions aux réponses abstraites, j’avais trop de rêves, je n’avais pas de limites dans mon imagination, je me disais que tout était possible. Je me posais des questions sur Dieu et je me demandais aussi pourquoi le ciel devait se faire si proche s’il était en réalité si loin, pourquoi le soleil nous frappait tant, et pourquoi un homme a pu marché sur la lune et n’a pas cherché à atteindre le soleil, etc.
Je rêvais d’être une star, une artiste complète, une grande dame d’affaires, je rêvais de faire partie de grands projets, etc. Je pensais à tout, je questionnais tout ce que je voyais et entendais. Ma curiosité était si débordante et souvent insupportable que les adultes autour de moi ne manquaient pas de me dire que mes questions les agaçaient.
Et au fil du temps, mon champ de vision s’est vu réduire. Mon imagination débordante ne restait finalement que de l’imagination ou se dissipait. Bientôt, je me voyais enterrer rêves, idéaux, force de caractère et ambition. Ma réalité a commencé à changer progressivement jusqu’à devenir celle que j’ai subie toutes ces années. Comment cela a-t-il été possible ?
Le monde, l’entourage, la famille, chaque jour, nous donnent des occasions d’abaisser nos standards, d’étoffer nos rêves et d’occulter nos talents. On finit par vivre comme des personnes sans utilité, sans but et orientées par le vent et par le système éducatif. Là encore, il y a quelques avantages en comparaison à ceux qui n’ont pas eu la chance d’être scolarisés. Eux, ils sont soit livrés à eux-mêmes, soit esclaves de leurs géniteurs, robots exécuteurs de tous ce qu’ils veulent.
Plus on grandit, plus on se perd. Plus on évolue, plus on modifie ce à quoi nous aspirions pour rencontrer les standards des autres. Ces gens qui, semble-t-il, savent mieux que nous ce qui nous convient. Pour eux, nous passons des années à vivre dans un corps sans âme, sans but et sans passion. Pour eux, nous regardons nos rêves s’éloigner de nous sans rien y faire. Sauf si ce rêve est conforme à leurs propres rêves pour nous. Pour eux, on troque l’amour de nos vies contre le candidat idéal à leurs yeux. Pour eux, des opportunités alléchantes se voient rejeter. Pour eux, pour eux, pour eux…
Je ne dis pas « à cause d’eux » parce qu’en réalité, faire culpabiliser les autres pour ce qu’on n’a pas été n’arrangera jamais rien. Bien au contraire, plus vous accusez, plus vous vous enfoncez dans l’inaction et remplissez votre cœur d’amertume et d’anxiété.
Je dis « pour eux », parce qu’il fut un temps où on s’imaginait comme eux que ces choix définissaient notre bonheur. Alors, on s’y contraignait avec l’espoir de voir « ce bonheur » s’accomplir. Longtemps avons-nous aussi assimilé ce bonheur à l’ascension sociale et aux ressources financières… et c’est là que des déceptions deviennent plus grandes!
Bref. Vivre une vie différente de celle qu’on s’imaginait est un supplice. Un calvaire. C’est la géhenne. Sortir de ce cycle et reprendre les choses en main est encore possible.
Alors, et si tu redécouvrais qui tu es vraiment ?
Et si tu revenais à tes premières aspirations ?




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